Radio Lumière en direct

radiorl
Il est de retour!

Un branchement Dial-up?



rlumiere@radiolumiere.org

2234-0331 / 2234-3708

2940-1151 / 3934-2304

718-878-5339 / 617-910-3295


Le Faux Tsunami.

La plus tragique des Comédies Nationales Haïtiennes, et c'était le jour 13 du mois de Janvier de l'an 2010.

Il était onze heures PM. On commençait à croire que le pire était passé. Si bien que plusieurs d'entre nous sommeillaient y compris moi. D'ailleurs c'est la voix d'un homme qui disait : « Leve, leve, pran silo pou nou, men dlo a sou Delmas a. » qui m'a non seulement réveillé mais aussi plongé dans l'un des pires cauchemars que j'ai jamais faits. J'allais, pardon, nous allions expérimenter ce qui s'était passé au temps de Noé. « Et il y eut de l'eau, de l'eau et de l'eau ». Hommes, femmes, enfants, jeunes, la noyade collective était si évidente que 98% des gens présents sur ce terrain de footBall transformé en lieu de rassemblement du quartier, (A noter que 1 jours après le 12 le terme d'abri provisoire ou de centre d'hébergement n'était pas encore vulgarisé.) comme un bloc, se levaient pour "monter plus haut "; espérant que l'eau n'attendrait pas ces hauteurs là. Un homme m'a confié qu'il contait avec sa femme atteindre un pylône supportant une antenne de Digicel Tout comme dans Titanic.

- Mais alors, Pourquoi tout ce tohu-bohus ? ...

- Un Tsunami.

- Un Tsunami ? En Haïti ? Vrai ou faux

- Oui pitit un Tsunami ! Tout bon !

Un tsunami, scientifiquement est un: « Terme japonais désignant une vague de mer d'origine sismique qui peut causer des dégâts considérables sur certaines régions côtières.

Les mouvements du fond marin (séismes, éboulements, glissements de terrains) engendrent un gonflement de la masse d'eau. Ce gonflement donne lieu à une onde de choc qui se matérialise sous la forme d'une vague qui, en surface de l'océan est à peine perceptible (de quelques centimètres à moins d'un mètre d'amplitude en général), mais qui enfle en eau peu profonde pour atteindre des amplitudes pouvant aller jusqu'à 30 m. La vitesse de propagation de ces vagues est de 500 à 800 km/heure en eau profonde (milliers de mètres), diminuant à quelques dizaines de km/heure en eau peu profonde (moins de 100 m). La périodicité des vagues est de l'ordre de 15 à 60 minutes. Ainsi, un tsunami initié par un mouvement du fond marin à la suite d'un séisme qui se sera produit à 1000 km des côtes viendra frapper ces dernières environ 2 heures plus tard ». « D'une façon générale les tsunamis sont habituellement générés par de grands tremblements de terre sous-marins (magnitude > 7) très peu profonds (profondeur < 50 km). L'intensité du tsunami dépendra à la fois de la magnitude et de la profondeur du séisme: plus ce dernier est superficiel, plus il a des chances de générer un important tsunami ».

 

Et puis revenons à notre reportage :

Les plus rapides ont pu atteindre Pétionville, (je dois vous signaler que je vous rapporte ces faits à partir de là où j'étais donc à Delmas 33 ; mais chacun pourrait vous dire quelle distance il a parcouru ce soir là, l'itinéraire utilisé, les multiples péripéties auxquels il a dû faire face physiquement et mentalement, ce qu'il a perdu comme effet, Etc. Certains sont restés à mi chemin pour voir comment évolue la situation. C'est compréhensible : On n'est pas sûr mais mieux vaut se mettre à l'abri on ne sait jamais. « Lagè avèti pa touye ni kokobe, ni pye kase. »

Et puis, comme une pluie, la raison commence revenir ; car les radios commençaient à dire le contraire de ce que tout le monde commentait. Des coups de fil des gens d'en bas encore vivants ; parce qu'ils devraient être les premiers à se noyer, car l'eau vient d'en bas, nous ont forcé à revenir au calme. A la raison et même à la bravoure. « Si dlo a ap vini nap ret tann li ak kouraj nou pap f'on pa ». Comment se fait t'il qu'un tel phénomène puisse avoir lieu sans que la Radio ne l'annonce ? Si l'eau peut sortir de la côte pour arriver à Delmas 33 quel endroit de ce pays que cette eau ne peut atteindre. Alors à quoi bon courir ?

- Pourquoi on a cru ? On avait peur.

- Pour quoi on a couru ? On voulait vivre à tout prix.

- Mais de quelle eau s'agissait-il en fait.

Maintenant on peut se permettre de raisonner. Mais je vous garantis que ce soir là, Peu de gens pouvait encore garder assez de calme pour se poser cette question. Nous visualisions cette eau qui venait. On pouvait, sans exagérer, entendre le bruit de l'eau. Pour d'autres, encore plus sensibles, l'eau avait eu le temps de toucher leurs talons. « M'pa bezwen di w ». « Se pa ti zafè. M'pot ko janm pè nan vim konsa. E ou menm ? »

- Alors ce qui s'est passé ici A port au Prince ce mercredi soir dans toute la région métropolitaine ?

- Oui !

- Si ce n'était pas un Tsunami, c'était quoi ?

Réponse : La plus tragique des Comédies Nationales Haïtiennes et c'était le jour 13 du mois de Janvier de l'an 2010.

 

Que L'Eternel vous garde et vous bénisse

Jude Eliassaint

 

Verset de la semaine

Je vous ai montré de toutes manières que c'est en travaillant ainsi qu'il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même: Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir.

Actes 20:35